Manifeste du Collectif Gare

Collectif d’habitants, nous avons à coeur le développement harmonieux, la qualité de vie et la cohésion sociale de Lausanne. Le Collectif Gare naît durant l’été 2011 d’un constat : les habitants sont cruellement absents des préoccupations des autorités qui initient et orientent les grandes mutations urbaines. A l’heure où ces mutations touchent de plein fouet les quartiers de la Gare et, plus ou moins directement, des milliers d’habitants, les citoyens que nous sommes ont décidé de réagir pour dire :

  • Non à la disparition d’un quartier d’habitation
  • Priorité à la transparence de l’information
  • Priorité à une vision urbaine globale et réfléchie

Des chiffres éloquents
1,5 milliard de francs débloqué par la Confédération, dont 150 millions, préfinancés par l’Etat de Vaud, pour l’agrandissement de la Gare de Lausanne, saturée par le passage quotidien de 640 trains et 70’000 voyageurs, et une enveloppe budgétée à 75 millions pour le seul Musée cantonal des Beaux-arts (MCBA). Des chiffres, parmi beaucoup d’autres, qui démontrent qu’on est à l’aube d’un bouleversement urbain de grande échelle.

Un Pôle muséal pour écran
Si l’on dresse une topologie mentale du nouveau profil de la zone de la Gare, que voit-on d’abord ? Un « Pôle muséal », précédé d’une communication massive, qui tombe à pic, car il fait virtuellement écran à l’agrandissement de la gare proprement dit dont on ne sait pratiquement rien, alors que c’est cet agrandissement qui sera au coeur de la transformation urbaine radicale qui s’annonce.

Un périmètre et un agenda serrés
La construction du nouveau Musée cantonal des Beaux-arts ne serait ainsi que le point de départ d’une succession de gigantesques chantiers concentrés sur un agenda et un périmètre serrés. En gros, une dizaine d’années de travaux qui devraient toucher – outre la zone de la Gare, des Epinettes et du Simplon – une surface allant de Villard à Montbenon, en passant par Ruchonnet, Fraisse et Grancy. Au programme, nouvelle gare CFF, déplacement de son centre de gravité, prolongements des quais, construction de la quatrième voie, nouveaux espaces immobiliers et commerciaux, voies de circulation actuelles fermées, station du futur éventuel M3. Pour ne pas parler de la discrète privatisation, déjà réalisée, du terrain du bâtiment de la Poste, à l’Est de la gare. De massifs travaux sont prévus à cet endroit, avec la possible construction d’une Tour qui s’inscrit dans la logique « bling-bling » de plusieurs autres mégaprojets menaçant la qualité et l’harmonie du tissu urbain et social lausannois.

Une envolée de projets faramineux
Dans cette envolée de projets faramineux, les autorités des CFF, de la Ville, du Canton et les promoteurs feignent d’ignorer que la zone de la Gare n’est pas seulement un lieu de passage et un potentiel de prestige, c’est aussi un lieu de vie. Mais face au gigantisme des chiffres avec lesquels jonglent nos élus, de quel poids peuvent se réclamer les habitants prétérités ? Il aura ainsi fallu qu’une Association des Riverains de la Gare de Lausanne se constitue, été 2011, pour que soit rendue publique la menace de disparition d’un quartier, lui, bien réel et bien vivant :

  • quelque 250 personnes entre les Epinettes et le Simplon en passe de perdre leur logement dans un temps où le marché est au bord de l’étranglement (0.1 % de taux de vacance en ville) ;
  • la démolition annoncée du Lausanne Guesthouse, un des fleurons de l’hôtellerie de qualité à prix modéré qui voit défiler 20’000 hôtes par année.
"Patrimoine"

Un patrimoine industriel et un quartier condamnés au coeur de Lausanne

 

Non à la saignée d’un quartier
Nous savons que les exigences de la mobilité font souvent des dégâts collatéraux, mais nous refusons une telle saignée dans un quartier qui conjugue aujourd’hui avec bonheur densité, multiculturalisme et convivialité, alors qu’un des grands défis des villes est l’insécurité liée aux déchirures des liens sociaux.

Nous n’acceptons pas que les projets urbains en cours n’engendrent que des informations parcellaires et des décisions au coup par coup d’où peine à se dégager une vision globale des besoins et de leurs impacts, présents et à venir, pour l’ensemble de l’agglomération lausannoise.

Clarté dans l’information et parole aux habitants
Nous exigeons donc que l’ensemble des études achevées et en cours ainsi que les résultats déjà obtenus soient communiqués aux citoyens, afin qu’ils puissent bénéficier d’une vue d’ensemble des enjeux, des coûts et des impacts des différents scénarii envisagés ou des orientations déjà retenues.

Nous exigeons que soit dorénavant prise en compte, dans les processus de décision, la parole des habitants qui vont subir et payer des chantiers de longue durée qui grèveront la qualité de leur habitat, à titre provisoire ou définitif.

Priorité aux vraies solutions d’avenir
Nous exigeons que l’option étudiée par les CFF d’une Gare souterraine à Lausanne soit dès à présent privilégiée et poursuivie, à l’instar d’autres villes suisses et européennes, parce que c’est la seule vraie solution d’avenir et que les infrastructures ferroviaires exigent des solutions durables à long terme.

Nous exigeons un moratoire immédiat sur l’ensemble des démolitions programmées dans les quartiers du Simplon et des Epinettes ainsi que sur les Halles CFF dont l’usage et l’affectation du sol futurs exigent une vraie réflexion démocratique et professionnelle qui, jusqu’à ce jour, n’a pas eu lieu. Ce moratoire est à nos yeux indispensable pour éviter que des choix précipités, des deux côtés des voies, ne condamnent d’avance de meilleures solutions, plus respectueuses de l’environnement construit, social et culturel de Lausanne.

Vous vous sentez en accord avec notre position? Adhérez à notre Collectif!

Notre manifeste en version PDF à imprimer et faire circuler.


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