Lausanne: un peu moins de prestige, un peu plus d’écoute

Les centres-villes sont le théâtre d’un exode silencieux : les habitants aux revenus modestes doivent plier bagage pour laisser la place à ceux qui ont les moyens de payer des loyers exorbitants. Devant ce phénomène, deux attitudes sont possibles : considérer qu’il s’agit d’une tendance irrésistible ou refuser cette « fatalité » en se rappelant que ceux qui font la ville sont d’abord ceux qui l’habitent.
On le sait, c’est dans les déchirures du tissu social que l’intolérance et l’insécurité font leur nid. Mais hélas, face aux lois du profit immédiat, la préservation des conditions du bien-vivre ensemble ne pèse pas lourd dans l’agenda politique. Pas étonnant dans ce contexte que mouvements citoyens et épreuves de force se multiplient.
A Genève, le Collectif 500, avec son initiative pour une gare souterraine, se bat pour que le  quartier des Grottes, mais aussi une certaine idée de la ville solidaire, ne disparaissent pas sous les bulldozers.
A Lausanne, le Collectif Gare, qui se préoccupe de l’extension de la Gare et de ses multiples incidences urbanistiques, recourt au Tribunal administratif, avec 89 de ses membres, contre le plan d’affectation cantonal « Pôle muséal ».
Si demain, au nom de la culture, un « Quartier des arts » s’érige sur les ruines de l’imposant patrimoine industriel que représentent les Halles CFF, la population bigarrée de l’avenue Louis-Ruchonnet pourra à son tour faire ses valises.
Alors, simple effet collatéral d’une opération de prestige? Non, parce que le « cœur » d’une ville n’est ni du verre, ni de la brique, mais une collectivité humaine qui, toutes couches sociales confondues, en fait la chair et l’âme. Un cœur déterminé à se faire entendre si on ne prend pas la peine de l’écouter.
Comité du Collectif Gare/Barbara Fournier, lettre de lecteur 24 heures

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