Un quartier disparaît

La conférence de presse organisée par les CFF, le 16 août 2012, scelle le destin d’un quartier. Le Collectif Gare réagit.

Un choix éminemment rhétorique
Certes, des solutions de relogement sont proposées aux habitants du Simplon et des indemnisations sont prévues pour les habitants des maisons locatives des Epinettes qui auront le choix de “rester ou de partir” en raison du chantier gigantesque qui se déroulera sur une dizaine d’années à leur porte. Le “choix” est donc éminemment rhétorique et les trois immeubles, rachetés en décembre par les CFF, feront place, très probablement, à plus ou moins brève échéance, à des projets plus en rapport avec la stratégie conquérante de CFF immobilier. Le 27 août, les membres de l’ARGL voteront pour dire s’ils acceptent la convention cadre qui a été négociée par son Comité avec les CFF et la Ville.

Le Collectif Gare poursuivra son engagement citoyen
Le Collectif Gare qui s’est constitué pour lutter contre toutes les démolitions prévues autour de la Gare, convaincu qu’il fallait au moins qu’une alternative soit proposée dans le cadre de l’agrandissement de la gare – une alternative respectueuse du patrimoine bâti et de ses habitants – entend poursuivre son engagement citoyen. Il sera entendu le 25 septembre par la commission des pétitions, suite au dépôt des 750 signatures réunies dans sa pétition qui a aussi été remise aux autorités cantonales. 

De l’espace pour les voyageurs… et les magasins
L’agrandissement de la gare, on le sait, n’est pas qu’une question de redimensionnement des quais – tout à fait indispensable, personne ne le conteste – pour le bien-être des voyageurs. Il se trouve que c’est aussi une opération commerciale qui a pour but de maximiser les surfaces destinées aux commerces dans la gare, nouveau «temple de vos achats», comme le claironne une campagne d’affichage des CFF présente dans toutes les gares importantes de Suisse.

Une « gentrification » qui nous attend au tournant
La création de ces nouveaux espaces commerciaux, couplée à la saignée qui va s’opérer au Simplon et aux Epinettes, notamment avec la démolition du Guesthouse, mais aussi, au nord des voies, la démolition des halles aux locomotives et la construction du futur Musée des Beaux-arts, auront des répercussions majeures sur l’équilibre socio-économique des quartiers environnants et sur la qualité de vie des habitants.

Lors de notre rencontre avec le chef du projet Léman 2030, en juin 2012, M. Laurent Staffelbach ne nous a pas caché que le pourtour de la Gare allait subir une « gentrification », terme qui signifie que le profil économique et social des habitants d’un quartier, populaire ou mixte, se transforme au profit exclusif d’une couche sociale supérieure.

Vers la disparition de la mixité sociale
Ce processus, très clairement, est en marche à Lausanne et n’est pas le fait des exigences de la mobilité, mais d’impératifs liés à la spéculation. Le Collectif Gare est particulièrement affligé par l’absence de sensibilité dont témoigne la majorité rose-verte de la ville de Lausanne et du Canton de Vaud dans cette évolution qui verra, si l’on continue dans cette voie, la disparition de la mixité sociale et la constitution de ghettos qui font le lit de l’insécurité et de la violence urbaines. A trop vouloir jouer à la « grande ville » qu’elle n’est pas, Lausanne pourrait bien en hériter aussi la part d’ombre… 

 

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